Communiqué du 15 juin 2013 - mort de Clément Méric

Une intolérable violence politique

(actualisé le ) par MAN Nancy

L’assassinat de Clément MÉRIC mercredi 5 juin 2013 à Paris a soulevé une vive émotion.

Il impose une réflexion approfondie sur ce déchaînement de violence. Ce jeune homme, appartenant à un groupe antifasciste, est mort des suites d’une agression perpétrée par un groupe de skinheads d’extrême droite. Il s’agit là d’une intolérable violence politique dont les causes doivent être analysées au-delà de la description simpliste d’une rixe entre deux groupes rivaux.

L’antifascisme n’est pas un extrémisme. Il est le résultat d’une inquiétude compréhensible devant la normalisation d’un discours d’extrême droite haineux et le projet de société qu’il porte en lui. Ce discours s’est trouvé légitimé, récemment, par des amalgames grossiers lors des manifestations contre le mariage pour tous. C’est la responsabilité de la droite parlementaire de n’avoir pas su, ou pas voulu, endiguer cet ultra-nationalisme qui se qualifie de « révolutionnaire ».

L’image que renvoie une partie du monde politique, en ce moment, avec les affaires politicofinancières, de nombreux changements promis qui ne sont pas arrivés, et le sentiment que les décideurs politiques sont impuissants face aux puissances économiques, sont également des éléments qui exaspèrent puis engendrent la violence, le rejet et la haine de l’autre.
L’enfermement dans des groupuscules identitaires est une forme de refuge pour des jeunes qui ne trouvent plus, dans les partis traditionnels, la capacité d’action à laquelle ils aspirent.
Malheureusement, ce choix de la violence, du rejet et de la haine de l’autre ne font qu’empirer les problèmes.

Le MAN rappelle que la violence est aussi l’expression d’une souffrance sociale et individuelle.
En l’absence de réponse politique et sociale à cette souffrance, la violence risque de s’exprimer à nouveau, quels que soient les efforts juridiques entrepris pour dissoudre les groupuscules
d’extrême droite impliqués dans ce crime odieux.

C’est par l’éducation, le dialogue citoyen, la connaissance de l’autre, la justice sociale et surtout le courage politique, y compris face au monde de la finance, que se construiront des réponses durables face à la violence et au désespoir. C’est là le pari de la non-violence.


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