Le meurtre de Ben Laden : une défaite de la civilisation

Ben Laden est mort ! Il semblerait qu’il faille se réjouir du meurtre de cet homme, qui avait sur ses mains beaucoup de sang. Mais pouvons-nous décemment prendre part à ces réjouissances funèbres sans renier nos valeurs les plus fondamentales ?

C’est le vendredi 29 avril 2011 que le leader spirituel de l’organisation Al Qaida a été tué par un commando spécial de l’armée des USA, dans la résidence où il se cachait au Pakistan. La mort de Ben Laden signifie qu’il ne rendra jamais compte de ses actes devant la justice. Ben Laden n’a pas été capturé, il a été tué. Il n’a pas été jugé, il a été exécuté. Son meurtre est un acte de violence, il n’est pas un acte de justice. La justice des hommes civilisés est un acte d’humanité et non de violence. Ce n’est pas ainsi que nous luttons contre le terrorisme.

Certes Ben Laden est responsable du meurtre de milliers d’hommes, de femmes
et d’enfants innocents. Mais en quoi le meurtre de Ben Laden rend-il justice aux victimes et à leurs familles ? Ce meurtre ne satisfait que la justice archaïque de la loi du talion. Si nous souhaitons voir la barbarie reculer sur la planète et la logique de la non-violence avancer, il nous est impossible de nous réjouir de la mort d’un homme, fut-il notre ennemi. La seule attitude civilisée dans ces circonstances est de porter le deuil de notre adversaire.

Il a fallu plusieurs siècle de civilisation pour sortir de cette logique de la vengeance, et aller petit à petit vers la mise en œuvre d’espace tiers de justice et d’humanité. Ce crime est bien une défaite de la civilisation. Le célébrer nous ferait plonger dans la barbarie.

Contact presse : Katia Roux - 01 45 44 48 25


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