Israel démolit le rêve des fermiers de Beit Ommar Encore un bâtiment abîmé par l’armée israélienne

(actualisé le ) par MAN

La terre de Mousa ABU MARIA est une parcelle de 1400 m2 à la frontière nord de la ville de Beit Ommar, située entre le centre-ville et la colonie de Gosh Etzion. Cette région est dans la zone C, ce qui veut dire que cette terre (comme toutes celles de la zone C) est complètement sous contrôle de l’armée d’occupation d’Israël.
La famille de Mousa Abu Maria a été le premier propriétaire des terres cultivables il y a 100 ans. Le père de Mousa l’a héritée de son grand père et ensuite donna une partie à Mousa et à son frère.

L’aspiration de Mousa est simple : être un fermier sur sa terre en Palestine.
Ces dernières années, avec son frère, il a commencé à construire sur sa terre une bergerie pour faire vivre sa famille.
En plus de son travail sur la terre, Mousa a passé toute l’année dernière à suivre les démarches légales, entre autres, auprès de la mairie et des ingénieurs de la ville pour que la terre soit respectée et pour s’assurer que les plans soient réalisés avec intégrité.

Mais, le 5 juillet 2014 les plans de Mousa et de son frère ont été dramatiquement interrompus par l’armée israélienne qui débarqua dans la ferme sans préavis sous prétexte qu’ils cherchaient des signes du kidnapping des colons autour d’Hebron (qui a justifié entre autre l’attaque contre Gaza).

La ferme de Mousa et de son frère

Mousa leur dit qu’il n’était absolument pas impliqué, mais cela n’a rien changé et n’a pas empêché les soldats d’abîmer le bâtiment de la ferme et même le toit. L’armée s’est installée dans la ferme et a laissé les locaux dans une saleté impressionnante.

Après l’occupation par l’armée israélienne

Ils ont fait des dégâts importants et ont mis des bombes dans la citerne, en faisant éclater les murs. Maintenant la citerne ne peut plus retenir l’eau.

La citerne détruire ainsi que le toit

Ce grand pas en arrière n’a pas empêché Mousa de continuer son projet et à réparer la ferme.

Sa ferme commençait à se remettre de ses dégâts quand le 1 octobre 2014, 20 soldats israéliens avec 5 jeeps débarquèrent à nouveau dans sa ferme pour lui donner un ordre de démolition à exécuter avant le 26 octobre 2014, soit moins d’un mois pour contester la décision en justice à la Cour militaire de Beit Ommar. On sait que généralement la Cour est toujours en faveur de l’armée israélienne face aux actions en justice des fermiers.

Mousa a décidé de s’opposer en justice pour récupérer les terres appartenant à sa famille depuis des décennies et doit faire face à des frais de justice pour essayer de sauver sa ferme
Le procès va lui coûter des frais « légaux » importants
Ce sera certainement moins que tout l’argent et le temps qu’il a déjà investi dans sa ferme.
En effet Mousa et son frère ont emprunté de l’argent a plusieurs financiers pour investir dans le bâtiment, et doit rembourser à partir de 2 ans.
Si la cour gagne contre Mousa sa ferme sera détruite et il se retrouvera avec les dettes et sans possibilité de gain par l’exploitation.
Si Mousa gagnait son procès, il aura quand même à rembourser les frais légaux en plus des emprunts contractés.

L’affaire de Mousa est un des nombreux cas qui se passent en Palestine sous l’occupation israélienne. C’est un exemple parmi beaucoup d’autres de la façon insidieuse dont est menée l’occupation israélienne pour conduire les Palestiniens au désespoir et au départ, afin de permettre aux colonies israéliennes d’occuper la Palestine en toute impunité. Tel les indiens qui ont été chassés de leur terre aux Etats-Unis, les israéliens essayent d’enfermer les palestiniens dans des "villages réserves" en les isolant de leur terre exploitée par les colons.

Les terres de Beit Ommar et la colonie israélienne au nord

Pour soutenir notre ami Mousa, envoyez vos dons au MAN Lyon, 187 montée de Choulans, 69005 LYON, mention "Mousa".


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