Centenaire de la guerre de 14 : aujourd’hui encore continuons à dire non à la guerre Communiqué du 25 juin 2014

par MAN

Il y a 100 ans, le 28 juin 1914, à Sarajevo, étaient assassinés l’archiduc François Ferdinand, héritier de l’empire austro hongrois, et son épouse, par un jeune nationaliste serbe de Bosnie. Cet acte est considéré comme le déclencheur de la première guerre mondiale.

Les principales puissances formaient alors deux blocs, avec d’un coté la Triple Alliance (Triplice) entre Empire Allemand, Empire Austro-hongrois et Empire Ottoman, et de l’autre côté la Triple entente entre France, Royaume Uni et Russie. En ce début de siècle, la tension entre ces blocs est à son maximum, avec la montée des nationalismes et des conflits coloniaux qui s’enveniment. Au début du mois d’août 1914, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Puis par un effet domino, c’est l’embrasement : l’Allemagne déclare la guerre à la Russie et à la France, et agresse la Belgique. En réponse, la Grande Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne. Du fait de ces alliances diplomatiques et militaires, 22 pays sont engagés dans cette aventure meurtrière, sans oublier les nombreux ressortissants des empires coloniaux, enrôlés dans cette guerre : ceux de l’Algérie française, de l’Indochine française (Vietnam), de l’Afrique occidentale française (Mali, Sénégal), etc. ; du côté allemand, il y a de nombreux ressortissants de la Tanzanie, de la Namibie.

Des rencontres internationales pour la paix, Peace Event, ont eu lieu du 6 au 9 juin 2014 à Sarajevo. 2500 personnes d’une soixantaine de nationalités ont participé aux 150 ateliers, tables rondes et activités culturelles. Une délégation du MAN Lyon a animé un atelier sur le soutien à la résistance non-violente en Palestine et une délégation du MAN Alsace a animé un atelier sur Ibrahim Rugova et la résistance civile au Kosovo.

Pour autant, le MAN est inquiet de voir les conflits armés se multiplier, en particulier au Moyen Orient, en Afrique et en Asie. Ces conflits locaux, souvent infra étatiques (rivalités ethniques ou de clans, séparatismes régionaux, absence d’état régulateur…), contribuent à une instabilité mondiale qui enrichit le terreau du terrorisme et relance une course aux armements. Engagé dans des partenariats avec des mouvements palestiniens non-violents, le MAN craint particulièrement cet été une recrudescence de la tension en Palestine, Israël prenant prétexte de la « disparition » de trois jeunes Israéliens pour accentuer ses opérations militaires.

Les nouvelles formes de conflits armés sont souvent sous-tendues par un esprit nationaliste et des mécanismes de repli identitaire, elles font de très nombreuses victimes civiles et obligent à d’importants déplacements de populations. Le viol est considéré par certains comme une arme de guerre, avec des dommages très graves pour les victimes et des conséquences également néfastes pour les auteurs.

Le MAN souhaite que les commémorations soient l’occasion de mettre en lumière non pas les faits d’armes mais les résistances à la guerre. Ce devoir de mémoire est une façon de lutter contre l’oubli, les non-dits et l’instrumentalisation de cette période de l’histoire. Cet anniversaire doit être l’occasion de mieux comprendre les motifs des guerres, d’approfondir les moyens de lutter contre leurs causes et de déjouer leurs mécanismes. Dans cette perspective, le MAN encourage les actions actuelles de promotion de la paix et la non-violence, comme l’Intervention Civile de Paix pour faire face aux conflits dans le monde.

Dans le cadre de la Quinzaine de la non-violence et de la paix, du 21 septembre au 2 octobre 2014, le MAN organise dans plusieurs villes des animations sur le thème : «  1914-2014 : les résistances à la guerre d’hier à aujourd’hui. La guerre, lui résister mais surtout l’éviter !  ». Le programme complet de la quinzaine sera disponible dès la rentrée sur le site du MAN.
Paris le 25 juin 2014,

Pour le MAN
Yvette BAILLY
Porte-parole
04 78 67 46 10


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